on m'a dit que les comparaisons et les images rendaient la compréhension plus facile... pas sur..
Comparaisons
Comme une neige qui ne fond pas, tu t'es déposée aussi sur Terre par le miracle de la nature. Un miracle qui a fait que la température ambiante de degré zéro d'un jour ait correspondu à un même jour de pluie. Pourtant cette pluie est blanche, elle brille la nuit sous le feu des projecteurs de rue. Un autre miracle a fait qu'un homme et une femme se sont rencontrés quelque part sur cette planète. Alors tu es né blanc comme la neige, tu brillais déjà sous le feu des projecteurs de l'hôpital. Des yeux plein de larmes pareilles à la pluie te fixaient, plein de joie et de fierté. Ton grand-père te regardait également derrière des grosses lunettes. Tu ne le sais peut-être pas encore, mais comme la neige, il fondra un jour dans le ciel...
Comme une plante au début de son périple, tu nécessites du Soleil et des intempéries pour te construire doucement, petit à petit. Tu prends peu à peu de la taille, des couleurs, une belle forme et beaucoup d'élégance. Et tout cela grâce à une nature bienveillante à ton égard. Elle veut t'éviter les plus gros soucis de la vie. Ainsi, tes parents te donnent leur amour et les éléments nécessaires pour que tu puisses vivre longtemps, mais épanoui. Ta mère couvre au possible cette nature qui te conserve. Tu dois le savoir, il y a plein d'autres plantes comme toi qui apprennent à vivre au jour le jour, qui prennent tranquillement une forme vivante, devant des yeux inquiets qui espèrent que jamais le long de votre vie, vous vous retrouverez arrachés de ce sol, qu'aucune tempête ne viendra nous effacer, qu'aucune sécheresse apparaîtra pour tenter de vous faire disparaître.
Comme un chêne dans une forêt, tu es l'un parmi tant d'autres à vivre sur un monde pourvu de soucis. C'est lorsque que tes feuilles tombent à terre, que tu te retrouves nu face aux épreuves de la vie que tu tentes de faire face. Il ne te faut en aucun cas craquer, te rappeler que la forêt entière est la pour t'aider, car solidaire. C'est le rôle de la famille : toujours être présente pour n'importe quel membre, n'importe quelle branche de son arbre généalogique. Il est dur de supporter la perte d'une chambre pourvue de fruits ou de fleurs. Il n'a pas longtemps, le plus vieux des chênes a été déraciné, parce que trop vieux. Il était malade et pourrissait de l'intérieur. Dans ta famille, on regrette beaucoup la disparition de ton grand-père. Vous l'aimiez vraiment. En même temps, c'est une vie qui s'envole comme le vent le désire pour laisser place à plein de nouveaux arbustes jeunes et frais.
Comme la mer qui épouse les rochers lors d'une belle tempête, tu découvres les joies de la passion. Comme un écureuil qui se promène un beau matin sur son territoire, qui s'en va à la découverte en improvisant le tracé de son chemin, il va rencontrer par le hasard des choses une femelle en haut d'un arbre perchée. Elle lui tendit dans sa gueule un fruit d'amour que le jeune animal vint à attraper par malice et par amour. De nouvelles vies vont alors surgir. Tu rencontres grâce aux merveilles de ton quotidien une charmante demoiselle qui deviendra ta femme, la mère de tes enfants. Elle était perchée au dernier étage de ton immeuble. Tu luis tins à peu près ce langage : ''bonjour... Euh... Ce doit être la première fois que je vous aperçois par ici...'' Tu pris le caractère confus du corbeau après qu'elle t'ait appris qu'elle vivait dans ce dernier étage de cet appartement qui était aussi le tien. La cigogne vous a déposé deux enfants qui vous ressemblent étrangement. Vous êtes inquiets comme vos propres parents ont pu l'être pour vous. La prise en charge des cadeaux de la nature a de quoi vous affoler comme une tempête qui s'écrasent sur les rochers. Depuis cette rencontre aussi naturelle que l'effusion d'un volcan, ta vie que tu percevais comme un film en noir et blanc a retrouvé des couleurs.
Comme une poésie que l'on apprend par c½ur, tes enfants commencent à vous connaître, toi et ta femme dont tu es précieusement amoureux. Elle t'a apporté l'eau et le feu qui ont su chauffer tes ambitions secrètes comme fonder une famille te refroidir des moments noirs de ton passé comme ce chêne à peine centenaire déraciné par la maladie. Tu lui as inconsciemment offert ces mêmes cadeaux. Et ce sont ces offrandes qui sont responsables de cette maladie particulière qui fait que vous êtes deux chênes qui ont grandi ensemble au même endroit, au même moment : l'amour.
Comme une plante a besoin de pluie et de Soleil pour se développer, tu donnes à tes enfants l'amour nécessaire pour qu'ils puissent vivre sans survivre. Quand ils te posent des questions, tu te contentes de leur répondre calmement avec pédagogie. Ils t'apprennent autant que le monde qui vous entoure comme une poésie, une fable de La fontaine. Ils se moquent du corbeau qui se fait piquer son fromage par le renard malicieux. La malice naturelle de leur mère lui vaut ce surnom de renarde que tu as pris soin de trouver. Tu es comblée de gaieté en t'apercevant que ton terrier est parfait, que tout fonctionne comme il le faut.
Par un autre jour d'hiver où la neige s'est invitée, tu es devenue grand-père, la femme qui a construit ta vie a tes côtés grand-mère. Avec des yeux brouillés de larmes comme la pluie, tu regardes ta première petite fille en espérant sans rien dire que d'autres enfants suivront après elle. L'arbre généalogique grandit au fur et à mesure que le temps avance. Tes racines s'enfoncent un peu plus chaque jour dans le sol. Mais tu sens bien que l'âge et les saisons te fatiguent de plus en plus.
Ta vie représente un toit de maison. Tu as tout d'abord escaladé une pente rude qui t'a mené à une vie formidable. Tu as tout apprécié sans ne jamais rien regretter : une épouse fabuleuse, des enfants splendides, des petits enfants qui t'attendrissent par leurs sourires auxquels il manque des dents, celles-ci échangées à la petite souris pour une pièce d'argent. A présent tu es sur la pente descendante de ce même toit : les rides et la vieillesse te rattrapent toujours davantage. Tu sens que tu deviens faible jusqu'à ce jour particulier. Ta femme se tenait à tes côtés, elle te donnait la main. Tu la serrais fort, aussi fort que tu pouvais pour lui laisser cette marque de passion qui s'est confondue avec ton esprit pour elle, qu'elle sache que depuis ce premier jour tu l'as aimée. Comme la neige au Soleil, tu commences à fondre. Tu rejoints doucement le ciel, retrouver ce grand chêne qui t'a manqué depuis tout petit. Tu t'es promis que, une fois parmi les astres, tu veilleras a ce que ta forêt se sente bien, qu'elle vive chaque instant dans la sérénité, sans jamais être rattrapé par les malédictions de la Terre, que les sentiments qui les couvrent soient toujours bons et apaisants. Tu es à présent de l'eau qui s'évapore sous l'action du Soleil. Pourtant, en réalité, tu as été converti en cendres. La mer des tes enfants les a jetés au beau milieu de l'hiver, prés de l'arbre roi de la forêt.
tous les arbres disparaissent un jour...
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