article 1

Bonjour a tous !!

Deja je vais vous expliquer ce que je ferai sur ce blog.
Depuis quelques temps a présent, je me mets à ecrire des petites nouvelles. Juste comme ca, pour le plaisir. Des que quelque chose me parait bien a raconter, je m'y mets. Cela peut me prendre du temps mais je m'en fiche, j'aime les mots.
Je voudrais juste essayer de vous transmettre cette passion. Ce que je souhaiterais, c'est que vous aimiez ce que je fais. Et si ce n'est pas le cas, faites-le moi savoir mais de maniere intelligente... c'est-a-dire en expliquant pourquoi...
Merci a tous d'avance et bonne visite !!


______

.
article 1

# Posté le dimanche 30 juillet 2006 08:49

Modifié le lundi 31 juillet 2006 14:46

article 2

Et pourquoi pas commencer par cette nouvelle ? Les vacances... enfin le début... c'est-a-dire le pénible voyage...





Le voyage


Quatre heures et un quart du matin. Déjà quinze minutes de retard. Tu es assis à l'arrière de la voiture avec tes deux frères, vous êtes fatigués. Vous attendez après vos parents : ils vérifient encore une fois, mais la dernière s'ils n'ont rien oublié, que la maison est bien fermée à clef. Ton père se met au volant, vous demande si vous êtes tous bien attachés. Quant à votre mère, elle est installée à ses côtés, la carte entre les mains, après avoir soigneusement rangé la clef dans la boîte à gants. Enfin, tout est bon : vous pouvez partir.

Le voyage sera lo
ng. Chacun a sa petite bouteille d'eau à sa disposition. Ton petit frère la vide toujours trop vite, papa ne l'ouvre jamais. La veille, il s'était couché tôt pour être en bonne forme au moment du départ. La route sera chargée, même si pour l'instant, il n'y a pas beaucoup de monde sur le chemin qui mène aux soirées ensoleillées des vacances, sous la douce mélodie des cigales. Neuf-cent-cinquante kilomètres à parcourir. Vous traversez la France en sa diagonale, de la Moselle jusqu'aux Pyrénées, de Thionville à Perpignan.

La nuit n'est pas totalement levée, encore un peu de brume tarde à s'évanouir, le mercure ne dépasse pas la barre fraîche des quinze degrés. Tu n'as pas quitté ton pull pour compenser tes jambes mises à nu. Tu trembles encore un peu de paresse et de frilosité. Des trois enfants, bien entendu à l'arrière de la voiture, tu es le seul qui ne dort pas. Et pourtant, la fatigue que tu éprouves force ton état à stagner entre le sommeil et l'éveil. Tu tentes de te faire bercer par le bruit du moteur qui te deviens peu à peu familier. Autant s'y habituer vite, car il t'accompagnera toute la journée. Tes parents, eux, discutent du meilleur itinéraire à prendre, car cette journée est classée rouge par les services autoroutiers.

Vous vous arrêterez bien
tôt, car vous roulez depuis près de deux heures, la fin vous pèse et vos pieds s'engourdissent. Il est déjà six heures et demie, le soleil monte doucement dans le ciel. Il te réchauffe, mais t'éblouis dans un même temps. Nous descendons de la voiture, le vent du matin te surprend. Il vient te réveiller à sa manière : tu as la chair de poule. Vous prenez tous un chocolat chaud, mis à part ton père, qui a préféré le café noir. Nous pouvons donc tremper nos deux croissants au beurre dans notre tasse brûlante, exceptée ta mère qui n'en désirait qu'un seul. Vous discutez pour ne rien dire, parce que vous ne savez pas de quoi parler. Un par un, vous allez aux toilettes. A la fin de ce petit déjeuner, après une demi heure de repos, papa a payé, très cher évidement ! Vous retournez de nouveau tous les cinq dans la voiture rembourrée de bagages.

Le temps passe len
tement. Tu ne sais pas quoi faire, alors tu te retournes près de la fenêtre, la tête collée à la vitre. Les paysages se succèdent mais ne se ressemblent pas, les panneaux changent de couleur et de forme ; vous vous faites dépasser par certains véhicules et d'autres vous suivent de loin bien sagement. Tu t'amuses à regarder les chauffeurs. Ils varient également beaucoup : des fois des hommes, des fois des femmes, plus ou moins âgés, mais tous ont cette même expression, cette forme de concentration ou cette lassitude : tu ne saurais trop la définir. Ils ont dû se renseigner sur le trafic routier, tout comme mes parents. La peur de l'accident oblige leurs regards à fixer continuellement la route. Tu aperçois aussi d'autres familles avec les enfants derrière, le père conduisant, la mère à sa droite, une carte à la main.

I
mpossible de s'endormir : maintenant, il fait beaucoup trop jour. De toute façon, la fatigue n'a fait que de se cacher en toi et tu sais qu'elle reviendra pour te surprendre quand tu ne l'attendras pas, comme si elle te tendait un piège. Comme si elle savait que ta nuit avait été rudement courte. Ton frère demande à ce qu'on allume la radio, ta maman qui est d'accord laisse la musique envoûter votre petite espace. Pour ta part, tu aurais préféré rester dans le calme. Mais tu ne dis rien, tu fais l'effort de ne pas l'écouter. Pourtant, tellement que tu t'ennuies, tu te laisses emporter par le rythme et la basse régulière de la chanson, tu tapes du pied. Ensuite tu trouves une autre occupation tout aussi inutile, tu prends ta bouteille et tu prends une petite gorgée, alors que tu n'as vraiment pas soif.

Midi est arrivé
. Péniblement mais lentement. Ton papa conduit encore une demi-heure avant de s'arrêter. Il présente cette théorie simple : tout le monde s'arrête a douze heures pour manger, donc la circulation devient toujours plus fluide pendant cette période. Et souvent, même si nous avons faim comme toutes ces familles sur les aires de repos, les trente minutes deviennent vite une heure complète.

Bien sûr, ton frère cade
t, après avoir vidé sa bouteille, avait une envie pressante d'aller aux toilettes. Dans cette situation-là, pas le choix, il faut stopper le voyage pour satisfaire le besoin du plus petit de la famille, mais aussi pour tous vous ravitailler. Votre cantine se trouve sur un parking plein de véhicules stationnés de partout, les pneus rendus très chauds par le Soleil. Votre mère vous a préparé tout un assortiment de sandwichs tous aussi bon les uns que les autres. Dans vote glacière bleue, on pouvait également trouver des desserts et des fruits ou encore des ½ufs durs. Il vous reste plein de gâteaux salés mais vous les gardez pour le reste du trajet, vous êtes à Lyon, vous avez donc fait la moitié du parcours : il vous reste encore cinq-cents kilomètres à effectuer sous le chaleur de plomb de l'après-midi. Ton pull, tu l'as retiré depuis
longtemps.

Treize h
eures. Vous essayez de faire une sieste, ce qui est encore une fois difficile pour toi. Tu digères mal lorsque tu es assis, coincé entre la portière et ton frère sur une banquette sur laquelle tu te sens de moins en moins bien assis. Une vitre est ouverte et du coup, le vent sonne beaucoup plus fort, te ventile assez pour te retirer ton sommeil. La chaleur vous rend tous nerveux, vous gesticulez dans tous les sens. Enfin, comme tu ne sais toujours pas quoi faire, tu te mets à repenser à tout ce que tu as pu connaître avant de te retrouver ici, dans cette voiture, en route vers la plage du midi. Tu te remémores plein de périodes de ta vie qui t'ont construit. Tu te sens bizarre et tu as vraiment chaud. Ta mère t'a souvent dit que plus petit, tu t'endormais aisément avec ton doudou dans les bras durant les longs trajets, qu'il fasse une grosse chaleur ou non, que tu sois serré contre la fenêtre ou par une valise. Tu es à chaque fois étonné de le savoir car ce n'est plus le cas à présent, mais aussi que tu ne gardes plus aucun souvenir de cette enfance.

En revanche, ces années du
collège te sont restées en mémoire. Elles se sont vite écoulées. Cependant, tu as tout connu. Tu oubliais un profond chagrin en le suivant d'une joie intense, et ce du jour au lendemain. Tu croyais être seul au milieu de tous. C'est vrai, tu avais des amis, mais ils ne faisaient que t'entourer. Tu avais besoin sûrement d'un peu plus que cela. Un ami t'est resté longtemps fidèle, mais il ne savait pas comment te venir en aide. Il préférait garder le silence. Finalement, peut-être que ce n'était pas plus mal. Au moins, quand on ne dit rien, que l'on ne fait rien, on évite d'agir en regrettant par la suite. Tu as failli perdre une amie précieuse à tes yeux, une partie de toi, elle n'a failli être qu'un malheureux souvenir, à cause d'un geste assez stupide, un coup de pied perdu par une nervosité inexcusable qui n'est plus jamais réapparue. Tu as été rassuré quelques mois après l'acte, quand enfin, vous vous êtes reparlé en tant qu'amis. Il n'aurait suffi de pas grand-chose pour que tu puisses la présenter comme ta petite amie. Mais la vie et ses vérités sont comme elles apparaissent, c'est-à-dire que nous serons dans tous les cas bien incapables de prédire l'avenir, aussi médiums et superstitieux que nous soyons.

En dehors de
s amis, il y a la famille. Elle est importante, elle te construit. Tu as eu un gros défaut de ta grand-mère, l'esprit malin de ta mère, l'½il observateur de ton père. D'où te vient la fainéantise ? Sans doute de toi-même... Tu ne sais pas trop pourquoi tu te mets à songer à tes défauts... Il est vrai que tu es assez pessimiste, la déprime peut très vite arriver et te décourager ; il ne suffirait pas de grand-chose... Un départ, un échec, une déception. En quelques années de vie, tu as déjà pu rencontrer toutes ces situations en temps réel. En fin de compte, tu es là, serein, fatigué... tu ne penses plus, tu vois des images dans la tête qui défilent mais qui ne se ressemblent absolument pas, qui n'ont absolument aucun rapport....

Tu commences à
ouvrir de nouveau les yeux. La lumière te torture, mais tu retrouves peu à peu une vision correcte. Tu t'aperçois que Perpignan n'est plus trop loin. Tu entends la voix de ta mère qui guide ton père pour être certain d'arriver à bon port.

Le soir tu t'assoies
sur la plage, tu n'es plus casé entre la porte de la voiture et de ton frère, tes jambes peuvent bouger allégrement, le moteur ne dit plus rien, tu réfléchis beaucoup ce soir. Il est vingt et une heures, c'est la conclusion d'une journée dite pénible. Elle n'est rien à côté de celles des hommes sans toit, des jeunes brésiliens perdus dans les rues ou des africains victimes du virus du SIDA. Tu as cette chance inouïe d'être détendu devant une mer qui s'agite par spectacle pour toi, d'avoir une famille pleine de santé, de pouvoir partir en vacances pendant l'été. Tu le sais, c'est une sorte de rêve.




.
article 2

# Posté le dimanche 30 juillet 2006 08:52

Modifié le lundi 31 juillet 2006 14:47

article 3

Parce que pour beaucoup de gens, les animaux sont les gens les plus surs...




Le pianiste



Quarante ans, des rides à présent bien marquées, une fatigue qui s'accentue au fil des jours, des cheveux qui ne tardent plus à prendre une teinte grise, c'est une homme qui vit seul. Il avait déjà connu l'amour, des belles aventures qui finissent par des gros chagrins. On lui trouvait beaucoup de charme et une élégance qui lui donner un statut unique. Il vivait sans personne, si ce n'est ce chat qui avait maintenant une quinzaine d'années, un âge tout à fait remarquable. Ils habitaient dans un minuscule appartement, dans lequel il avait fait installer un grand piano a queue au milieu de la salle à manger.

Certes, il était
célibataire, mais il exerçait le plus beau métier du monde : il avait comme travail de chanter à l'aide de ses doigts les mélodies les plus magnifiques, créés par les plus grands génies de cette Terre. D'ailleurs, depuis qu'il est dans cette résidence, jamais un voisin n'est venu se plaindre. On le laissait jouer. Les gens s'habituaient vite au son qui raisonnait dans le long couloir qui s'étalait sur neuf étages.

Il avait le contact facile avec les gens, il aimait beaucoup parler. Cependant, l'être vivant qu'il avait le plus apprécié avait une fourrure noire et blanche avec une tâche brune sur le nez. Il pesait une dizaine de kilogrammes et il demandait beaucoup d'affection. il passait ses soirées avec lui, il se venait discrètement avec une bonne allure, avec une dignité de brave bête, il s'installait sur ses genoux, et il dormait. Il n'attendait plus que des caresses. C'était un mâle, il s'appelait Félix, comme dans la publicité, il miaulait et ronronnait fort, le pianiste adorait son chat.

Quand il s
e mettait assis sur son tabouret, il devenait un roi qui dirigeait ses troupes, des touches peintes de noir et de blanc. Le chat savait que à ce moment-là précis, il ne fallait aucun cas déranger l'artiste. Ils aimaient autant l'un que l'autre la musique, une passion commune qui s'est largement développée. Les ''Nocturnes'' de Frédéric Chopin envoûtait non seulement eux deux, mais aussi tout un immeuble. Les murs vibraient de beauté, un calme régnait et évacuait toute une colère, une rage, une envie d'être libre, et tout cela grâce à une mélodie de plus de deux cents ans. L'animal se couchait alors devant l'immense instrument, faisait des yeux doux et se laissait bercer. Il écoutait son maître jouer.

Il y a d'abord une mis
e en situation : très calme, douce avec une nuance piano, les notes n'ont qu'à s'enchaîner sans précipitation. Les marteaux qui produisent les notes ont comme mission de frapper avec souplesse. Les effets de vitesse sont parfaitement bien dosés et parviennent à ralentir pour produire un effet de surprise garanti. La suite donne une impulsion au morceau, la partition est d'ailleurs plus noircie à ce passage. Les dièses et les bémols s'ajoutent ainsi que les mordants, le mi s'en va dans l'aigu et retourne paisiblement deux octaves plus bas. Tout s'est accéléré, la concentration est indispensable, chaque mesure compte pour l'ensemble de l'½uvre. Rien, absolument rien en doit être laissé au hasard ! Ce serait comme un feu qui naîtrait d'un étincelle pour devenir une flamme imposante. La fin est carrément une bouffée d'énergie grandissante, il faut donner une sensation d'incontrôlable alors, que justement, tout est bien cadré comme il le faut, jusqu'à arriver a ces derniers accords en mi bémol mineur. On ne devrait normalement pas les entendre, juste un petit peu. Ils ne sont là que pour un époustouflant retour au calme.

Le chat avait
fermé les yeux. Lorsque ce fut fini, il les releva sa tête pour jeter un ½il sur le musicien épuisé, mais satisfait de son travail. De nouveau, il se recouche en espérant fort que tout recommence. Car toute la journée, il se laissait bercer de la manière, il est fou de Chopin, lui aussi.

Et dire qu'au
début, quand ce n'était qu'un minuscule chaton apeuré par ce qu'il voyait, mais surtout ce qu'il entendait, il avait tenté de jouer au piano. Il était haut comme une pomme, réussir à atteindre les touches demandait un exploit. Mais il réussit... pour ensuite retomber à la renverse, sur ses pattes : il ne s'attendait pas que le son sortait aussi violemment de la caisse, dans laquelle il s'était d'ailleurs coincé quelques jours après. Evidemment, cette espèce de dégoût ne dura vraiment pas longtemps. Il lui fallut admirer quelques fois Monsieur pour comprendre que ce n'était pas un engin de torture, mais une machine à faire rêver les hommes.

Aujourd'hui, c'est un peu différent. Le chat marche avec fatigue en essayant de se diriger vers l'incroyable piano noir. Son c½ur ne bat plus aussi vite qu'auparavant. Il veut se faire entendre mais plus aucun son ne veut sortir de sa gueule. Il continue de marcher le plus droit possible pour atteindre sa cible, l'effort devient considérable. L'artiste arrive, la mine désenchantée, il sent que son meilleur ami ne tient plus la même forme qu'aux premiers mois. Avec beaucoup de calme, il s'approche son fauteuil, s'échauffe les doigts, puis joue comme si rien n'avait changé. Epuisé, désarticulé, complètement dépourvu de ses capacités, avec une volonté que son corps n'est plus capable de suivre, le pauvre animal écoute la mélodie et se fait entraîner, comme il l'a été tant de fois dans sa vie. La musique continue d'être captivante, l'émotion est présent, envahit la pièce et l'appartement entier. Avec ses dernières forces, il ronronne. Faiblement mais il ronronne, une preuve d'amour incomparable même si elle passe d'un animal à un homme.

Le
s derniers accords sont crachés, le chat retrouve une tranquillité, il ne ressent plus d'effort. Ses yeux sont fermés, son c½ur s'est arrêté. Le pianiste se baisse, donne ses ultimes caresses, le chat ne réagit plus. Il prend la bête, qui n'est en fait plus qu'un cadavre, il n'a jamais pesé aussi lourd de sa longue vie. C'est bel et bien la fin d'une amitié extraordinaire. L'homme, stoïque jusqu'à maintenant, ne retient plus ses larmes, il est seul avec son piano, unique compagnon. Il se souviendra durant sa toute sa vie qui était le plus fidèle de ses spectateur, le plus complice de ses compagnons.


17/02/2006




.
article 3

# Posté le dimanche 30 juillet 2006 12:38

Modifié le lundi 31 juillet 2006 14:49

article 4

on m'a dit que les comparaisons et les images rendaient la compréhension plus facile... pas sur..



Comparaisons


Comme une neige qui ne fond pas, tu t'es déposée aussi sur Terre par le miracle de la nature. Un miracle qui a fait que la température ambiante de degré zéro d'un jour ait correspondu à un même jour de pluie. Pourtant cette pluie est blanche, elle brille la nuit sous le feu des projecteurs de rue. Un autre miracle a fait qu'un homme et une femme se sont rencontrés quelque part sur cette planète. Alors tu es né blanc comme la neige, tu brillais déjà sous le feu des projecteurs de l'hôpital. Des yeux plein de larmes pareilles à la pluie te fixaient, plein de joie et de fierté. Ton grand-père te regardait également derrière des grosses lunettes. Tu ne le sais peut-être pas encore, mais comme la neige, il fondra un jour dans le ciel...

Comme une plante
au début de son périple, tu nécessites du Soleil et des intempéries pour te construire doucement, petit à petit. Tu prends peu à peu de la taille, des couleurs, une belle forme et beaucoup d'élégance. Et tout cela grâce à une nature bienveillante à ton égard. Elle veut t'éviter les plus gros soucis de la vie. Ainsi, tes parents te donnent leur amour et les éléments nécessaires pour que tu puisses vivre longtemps, mais épanoui. Ta mère couvre au possible cette nature qui te conserve. Tu dois le savoir, il y a plein d'autres plantes comme toi qui apprennent à vivre au jour le jour, qui prennent tranquillement une forme vivante, devant des yeux inquiets qui espèrent que jamais le long de votre vie, vous vous retrouverez arrachés de ce sol, qu'aucune tempête ne viendra nous effacer, qu'aucune sécheresse apparaîtra pour tenter de vous faire disparaître.

Comme
un chêne dans une forêt, tu es l'un parmi tant d'autres à vivre sur un monde pourvu de soucis. C'est lorsque que tes feuilles tombent à terre, que tu te retrouves nu face aux épreuves de la vie que tu tentes de faire face. Il ne te faut en aucun cas craquer, te rappeler que la forêt entière est la pour t'aider, car solidaire. C'est le rôle de la famille : toujours être présente pour n'importe quel membre, n'importe quelle branche de son arbre généalogique. Il est dur de supporter la perte d'une chambre pourvue de fruits ou de fleurs. Il n'a pas longtemps, le plus vieux des chênes a été déraciné, parce que trop vieux. Il était malade et pourrissait de l'intérieur. Dans ta famille, on regrette beaucoup la disparition de ton grand-père. Vous l'aimiez vraiment. En même temps, c'est une vie qui s'envole comme le vent le désire pour laisser place à plein de nouveaux arbustes jeunes et frais.

Comme la mer qui épouse les rochers lors d'
une belle tempête, tu découvres les joies de la passion. Comme un écureuil qui se promène un beau matin sur son territoire, qui s'en va à la découverte en improvisant le tracé de son chemin, il va rencontrer par le hasard des choses une femelle en haut d'un arbre perchée. Elle lui tendit dans sa gueule un fruit d'amour que le jeune animal vint à attraper par malice et par amour. De nouvelles vies vont alors surgir. Tu rencontres grâce aux merveilles de ton quotidien une charmante demoiselle qui deviendra ta femme, la mère de tes enfants. Elle était perchée au dernier étage de ton immeuble. Tu luis tins à peu près ce langage : ''bonjour... Euh... Ce doit être la première fois que je vous aperçois par ici...'' Tu pris le caractère confus du corbeau après qu'elle t'ait appris qu'elle vivait dans ce dernier étage de cet appartement qui était aussi le tien. La cigogne vous a déposé deux enfants qui vous ressemblent étrangement. Vous êtes inquiets comme vos propres parents ont pu l'être pour vous. La prise en charge des cadeaux de la nature a de quoi vous affoler comme une tempête qui s'écrasent sur les rochers. Depuis cette rencontre aussi naturelle que l'effusion d'un volcan, ta vie que tu percevais comme un film en noir et blanc a retrouvé des couleurs.

Comme une poésie que l'on apprend par c½ur
, tes enfants commencent à vous connaître, toi et ta femme dont tu es précieusement amoureux. Elle t'a apporté l'eau et le feu qui ont su chauffer tes ambitions secrètes comme fonder une famille te refroidir des moments noirs de ton passé comme ce chêne à peine centenaire déraciné par la maladie. Tu lui as inconsciemment offert ces mêmes cadeaux. Et ce sont ces offrandes qui sont responsables de cette maladie particulière qui fait que vous êtes deux chênes qui ont grandi ensemble au même endroit, au même moment : l'amour.

Comme une plante a
besoin de pluie et de Soleil pour se développer, tu donnes à tes enfants l'amour nécessaire pour qu'ils puissent vivre sans survivre. Quand ils te posent des questions, tu te contentes de leur répondre calmement avec pédagogie. Ils t'apprennent autant que le monde qui vous entoure comme une poésie, une fable de La fontaine. Ils se moquent du corbeau qui se fait piquer son fromage par le renard malicieux. La malice naturelle de leur mère lui vaut ce surnom de renarde que tu as pris soin de trouver. Tu es comblée de gaieté en t'apercevant que ton terrier est parfait, que tout fonctionne comme il le faut.

Par un autre jour d'hiver où la neige s'est i
nvitée, tu es devenue grand-père, la femme qui a construit ta vie a tes côtés grand-mère. Avec des yeux brouillés de larmes comme la pluie, tu regardes ta première petite fille en espérant sans rien dire que d'autres enfants suivront après elle. L'arbre généalogique grandit au fur et à mesure que le temps avance. Tes racines s'enfoncent un peu plus chaque jour dans le sol. Mais tu sens bien que l'âge et les saisons te fatiguent de plus en plus.

Ta vie représente un toit de maison. Tu as
tout d'abord escaladé une pente rude qui t'a mené à une vie formidable. Tu as tout apprécié sans ne jamais rien regretter : une épouse fabuleuse, des enfants splendides, des petits enfants qui t'attendrissent par leurs sourires auxquels il manque des dents, celles-ci échangées à la petite souris pour une pièce d'argent. A présent tu es sur la pente descendante de ce même toit : les rides et la vieillesse te rattrapent toujours davantage. Tu sens que tu deviens faible jusqu'à ce jour particulier. Ta femme se tenait à tes côtés, elle te donnait la main. Tu la serrais fort, aussi fort que tu pouvais pour lui laisser cette marque de passion qui s'est confondue avec ton esprit pour elle, qu'elle sache que depuis ce premier jour tu l'as aimée. Comme la neige au Soleil, tu commences à fondre. Tu rejoints doucement le ciel, retrouver ce grand chêne qui t'a manqué depuis tout petit. Tu t'es promis que, une fois parmi les astres, tu veilleras a ce que ta forêt se sente bien, qu'elle vive chaque instant dans la sérénité, sans jamais être rattrapé par les malédictions de la Terre, que les sentiments qui les couvrent soient toujours bons et apaisants. Tu es à présent de l'eau qui s'évapore sous l'action du Soleil. Pourtant, en réalité, tu as été converti en cendres. La mer des tes enfants les a jetés au beau milieu de l'hiver, prés de l'arbre roi de la forêt.


tous les arbres disparaissent un jour...

.
article 4

# Posté le dimanche 30 juillet 2006 12:50

Modifié le lundi 31 juillet 2006 14:52

article 5

Souvenir d'un nouvel an extraordinaire... encore merci a vous !!




Inoubliable




Il y a des périodes dans notre vie que l'on pourrait qualifier de magique, de merveilleux. C'est tous ces instants-là qui nous font réfléchir, où l'on se dit que vivre est une chance formidable. Comme dirait la fameuse phrase : « on aimerait que les secondes durent des minutes, les minutes des heures », ou alors que le temps s'arrête tout simplement. En fait, ce sont des moments, même courts de notre existence que l'on ne peut pas imaginer. Il est presque impossible de les prévoir à l'avance, ils restent toujours une agréable surprise. Nous avons tous une description bien à nous de ces situations plaisantes, ce qui est tout à fait normal, car nous avons tous un vécu et un présent différent. Voici comment cela s'est passé pour moi.

Il
y a eu d'abord l'invitation. Elle m'avait été envoyée par elle, cette fille au charme blond, cette formidable amie. Nous étions une dizaine à débarquer dans sa maison pour une longue nuit, celle du nouvel an. Je fus l'un de premiers à être arrivé, j'ai donc pu les voir venir les uns après les autres, en avance aussi bien qu'en retard (la notion du temps n'est aucune importance de toute façon). Ils avaient emporté leurs nounours, leurs coussins, leurs sacs de couchage, leurs couvertures, puis même leurs matelas à gonfler à la force de nos poumons. La chambre était en désordre : il était à peine quatre heures de l'après-midi, la fête commençait déjà !!

Il
y a donc forcément eu les amis aussi. Nous avions presque des rôles à jouer : ceux qui étaient toujours dans la lune, ceux qui mettaient une ambiance joyeuse, ceux qui se taisaient, ceux qui parlaient, et celle qui se faisait toujours embêter... C'est avec eux que je suis resté rien qu'une fois, une nuit et un jour presque entier. Certain d'entre nous préparaient les crêpes, après avoir enfilé les tabliers de cuisine. Trois litres de lait, dix huit ½ufs, un kilogramme farine : la pâte à crêpe ressemblait peu à peu... mais après beaucoup de d'efforts... à de la pâte à crêpe. Les photos se multipliaient pour immortaliser ce premier exploit. De bonne humeur, nous l'étions tous, avec une bonne ambiance pas encore assez bien accentuée. Tout ce que nous avons fait n'étaient que des gestes et des faits complètement banals, mais quelque chose, je ne sais pas trop quoi, les rendait magiques.

Il
y a eu ensuite le repas, puis le karaoké. Deux personnes seulement tenaient un micro dans leurs mains, mais nous chantions tous. On interprétait chacun à notre manière, les chansons proposées. Ce n'était peut-être pas beau à entendre, ni trop instructif, mais amusant à produire. Nous avions une énergie inépuisable. Et pourtant, la fatigue, puissante, nous envahissait peu à peu, tout doucement, telle la brume qui se propage dans l'horizon.

Nous avions rien trouvé d
e mieux qu'une séance de yoga accompagnée d'une musique relaxante. Un yoga à notre sauce, bien entendu. Nous devions commencer par sentir notre orteil droit pour pouvoir remonter dans notre corps, mais lequel ? Car nous avons, comme tout être humain, cinq doigts de pied... Nous n'étions absolument pas concentrés. On s'en moquait pas mal du yoga tant que nous restions entre nous pour rire. Et il y a bien eu un fou rire. Un moment inoubliable de quelques minutes environ qu'il faut avoir vécu pour comprendre.

Il y a eu minuit évidemment ! Nous
sommes descendus dans le salon pour chanter et danser comme une véritable fête. Les chapeaux en cône sur la tête, les serpentins, les sans-gênes et la coupe de champagne. L'alcool n'a pas eu les pareils effets pour tout le monde, mais il n'y a eu aucun dégât... Après, nous avons regardé ce film : « Quatre filles et un jeans ». Un titre bizarre, un film ordinaire américain, mais une des actrices principales au goût des garçons à l'unanimité. Tout devenait captivant lorsque c'était la blonde en minijupe : le suspense, l'histoire... Mais il était (tout de même) deux heures du matin. Les parents, forcés de jouer le rôle de gendarmes, en partie responsable de cette splendide soirée, souhaitaient que l'on se couche : les filles dans une chambre, les garçons dans la pièce voisine. Au bout d'un quart d'heure, nous demeurions « bien » installés. Nous avons respecté les règles pendant quinze minuscules minutes. Ensuite, plus tard, les filles vinrent nous rejoindre, sans faire trop de bruit. La soirée continuait alors tranquillement, sans ne jamais prendre fin.

Il y a eu la troisième pa
rtie de la nuit. La troisième heure de l'année 2006 était déjà rongée. Tout le monde avait de nouveau déménagé dans la chambre, exceptés trois personnes. Il y avait le cadet de nous tous, d'une maturité plus qu'étonnante et qui dormait légèrement, d'abord dans un demi-sommeil, puis profond. Quant à moi, je dormais contre le mur avec mon sac de couchage et mon oreiller. Et puis, il y avait elle aussi. Cette belle fille, brune, si mignonne, qui s'était fait si discrète durant tout ce temps. Pour finir, il y a eu cette étincelle magique. Cela a été si vite qu'il est très difficile de décrire correctement. Nous étions l'un à côté de l'autre, cette amie et moi. Puis l'un contre l'autre. Et presque naturellement, plus le temps passait, plus on se rapprochait. Je ne réfléchissais même pas. Je réagissais comme mon c½ur et mon corps me le demandaient. Enfin, on s'est embrassé. Après plus d'une heure passée ensemble, les pieds enlacés, sa main sur mon nombril, la mienne autour de sa taille, nous avons discuté. Nous nous sentions à l'aise. Je venais de quitter la Terre. J'aurais voulu que le « tic-tac » des horloges cesse net, pour me laisser savourer encore plus longtemps ce morceau de rêve. Malheureusement, je ne dirige rien des pouvoirs naturels du ciel et de la Terre. Je vivais ma première réelle nuit blanche. Croyez-moi, je ne suis pas prêt de l'oublier. Ce premier janvier devenait simplement merveilleux.

Il y a eu encore ce cou
p de frayeur, lorsque la lumière du couloir s'est allumée, que les escaliers ont grincé. Cette « petite amie » prévint alors tout le monde. Discrètement, chacun avait repris une place qui aurait convenu aux yeux des parents. En réalité, ce n'était qu'une vilaine et fausse alerte. On reconnut alors la sagesse des filles qui continuèrent de dormir et la bêtise des garçons, qui s'amusaient à des concours de ... pets !? L'âge bête n'était plus une excuse valable. Il n'empêche que l'on jouait bien quand même. On ouvrit les volets et les fenêtres à neuf heures et demi pour ne déjeuner finalement qu'à onze heures. Encore des crêpes ! Le reste de la veille.

Puis
il y a eu les départs, après une dernière photo de groupe, ma nouvelle copine partit la première. Elle me manquait déjà. Je demeurais silencieux. Silencieux mais heureux. Les scènes « d'au revoir » ne sont jamais passionnantes à décrire d'une part, et a lire d'autre part. Je me contenterais donc de dire que tout le monde quitta la maison de la fille au charme toujours aussi blond, ayant bien clairement dans son esprit que la fête fut géniale.

Il y aura encore des
souvenirs de cette première journée 2006. Nous en reparlerons de nouveau, parce que tout fut parfait. Il n'y a pas eu de dépressions, ni quoi que ce soit qui aurait pu tout gâcher. Merci à vous une nouvelle fois, peut-être pas la dernière. Merci à toi, j'ai passé l'un des meilleurs moments de ma vie. Je sais que les périodes de notre existence ne se ressemblent pas. Je tracerai mon chemin avec toi si tu le veux, je t'ouvrirai grands les bras et le c½ur. Parce que c'est toi ... ma Princesse que j'adore !


a l'année prochaine hein ?



.
article 5

# Posté le lundi 31 juillet 2006 14:23

Modifié le lundi 31 juillet 2006 14:54